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Les peuples du Gabon

Certains prétendent que les peuples noirs n'ont pas d'histoire ; ou que leur histoire commence au contact des Européens. C'est méconnaître les traditions orales qui révèlent toujours des origines lointaines et des hauts-faits mémoriels. Il y est souvent fait mention de migrations. D'ailleurs, au moment du roman, l'une des ces migrations est encore en cours : celle des Fangs. Ils investissaient alors peu à peu le pays des plus anciens occupants, les Mpongwé, autour du grand fleuve, "Olombo-Mpolo" et de la mer large et profonde, "Arongo-Mbè-Ndiwa". Petit aperçu de ethnographique de l'estuaire du Gabon.

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      Sur cette carte de la fin du XIXè siècle figure le noms des peuples du Gabon. De part et d'autre de l'estuaire, les Mpongwé, orthographiés M'Pongoués, avec notamment deux villages, celui du roi Denis en rive gauche (qui avait traité avec les Français), et celui du roi Glass en rive droite (qui s'était opposé aux Français et avait accueilli une mission protestante anglaise). Les Mpongwé sont donc considérés comme premiers habitants de l'estuaire, à moins qu'ils y aient trouvé dans leurs migrations ancestrales des Pygmées. Le fait est que, quand les Européens arrivent dans la région, il n'y a plus de Pygmées, et les Mpongwé, par leur situation littorale, vont monopoliser le commerce avec les Blancs, y compris celui des esclaves. 

      D'autres peuples figurent : Boulous, Bakéké, Adjoumbas, et les Fangs (orthographiés M'Fans), que l'on retrouve un peu partout sur la carte...

 Gabon. - Colonie française du Gabon-Congo

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dressée et dessinée par M. Payeur-Didelot (1895)

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Les FANGS

Dès la fondation de Libreville, les Français comprirent qu'une migration en cours semait quelques troubles dans les populations de l'estuaire : celle des Fangs, peuple réputé redoutable, déferlant en hordes du Nord. Chasseurs intrépides, notamment d'éléphant, ils semblent investir peu à peu les villages autochtones pour finalement en prendre le contrôle. Ceux que l'on appelle alors les Pahouins laissèrent sur les Européens une forte impression. C'est qu'ils possèdent l'art de frapper l'imagination, au-delà de leur stature au-dessus de la moyenne, par les parures et les ornements. 

« Ils paraissent être le peuple le plus remarquable que j'eusse encore vu dans cette partie reculée de l'Afrique. D'une couleur plus claire qu'aucune tribu de la Côte, forts, grands, bien bâtis, [le regard intelligent], ils témoignaient d'une grande activité [...]. Les hommes étaient presqu'entièrement nus ; ils portaient pour tout vêtement une ceinture d'écorce tendre à laquelle était suspendue par devant une peau de chat sauvage ou de quelqu'autre bête fauve. Ils avaient les dents limées en pointe ce qui donnait à leur figure un air terrible [...] quelques-uns en outre se les noircissaient. Leur chevelure [...] était étirée de longues tresses minces qui se tenaient raides. Des perles blanches, des anneaux de cuivre ou de fer y étaient attachés »

Paul du Chaillu,

Voyages et aventures dans l'Afrique équatoriale,

Paris, 1863

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   « on voyait les représentants d'une race moins fine, plus rude, laide, petite, c'était celle des M'boulous »

André Coffinières de Nordeck, La Gabon, 1872-1873

Cette remarque d'un capitaine de vaisseau est assez représentative de la condescendance, sinon le mépris, avec lesquels les Blancs appréhendaient les peuples gabonais. Il s'agit ici du peuple BOULOU, de langue bantoue. La capture d'écran d'un livre de 1889 est aussi exhaustive sur ces commentaires à l'emporte pièce étiquetée sur les différentes "races nègres". 

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Les BAKALAI, ou Bakalé, est un peuple bantou que l'on retrouve entre estuaire du Gabon et Ogooué. Ils semblent eux aussi s'être fixés après une migration, et souffrirent des incursions des Fangs. On les disait excellents chasseurs, mais pratiquaient aussi le commerce d'esclaves. L'attention qu'ils (et surtout elles) portaient à leur chevelure a marqué les observateurs : les femmes pouvaient y consacrer une journée entière...

Les ADYUMBA sont un autre peuple du Gabon, établi au Sud de l'estuaire, du côté du lac Azingo. Ils étaient plutôt pêcheurs. Leur langue est un dialecte du myenè (langue bantoue). 

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Groupe de Bakalai

tiré de Paul du Chaillu, L'Afrique sauvage, Paris, 1868, p.87

"À dix heures, nous arrivâmes à un village Bakalai. Comme beaucoup de villages primitifs de cette tribu guerrière, il était astucieusement construit à des fins défensives. L'unique rue était étroite, barrée à chaque extrémité par une porte, et les maisons n'avaient pas de portes dans leurs murs extérieurs".​

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Hommes Fong

tiré de Docteur Poutrin, Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905-1908)

"La sous-cloison du nez est souvent perforée pour livrer passage à des cordons simples, doubles ou triplés" de perles très fines qui vont d'une oreille jusqu'à l'autre ou à un "bâtonnet d'os ou d'ivoire travaillé de 8 à 10 cm de longueur maintenu en position horizontale"

A. Cottes,

La mission Cottes au sud-Cameroun (1905-1908)

​      Le limage des dents a marqué aussi les Européens ; pourtant, il s'agit d'une pratique coutumière dans de nombreuses cultures, et pas seulement africaines. 

Ci-dessous : capture tiré de Docteur Poutrin,

Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905-1908)

 

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PORTFOLIO

Photos de Francis W.Joaque, Gabon, 1887 - Source GALLICA

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Village Pahouin,

Hippolyte Blancard,

1889

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PORTFOLIO

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Type d'homme pahouin

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Photos de Frédéric Gadmer, Campo, 1917 - Source ImagesDéfense

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Type de jeune femme pahouin

Quatre hommes de race Bakéké (hommes nains de la forêt et un Pahoin)

Type d'homme Batanga

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