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l'estuaire du gabon

La course du Zèbre s'achève dans l'estuaire du Gabon, sur la rive droite duquel se trouve Libreville. Le poste est alors la capitale des établissements français de la Côte de l'Or et du Gabon, entité coloniale commandée par un administrateur colonial, regroupant, au Nord du golfe de Guinée, Bassam et Assinie (actuelle Côte d'Ivoire) et l'estuaire du Gabon. Si la présence française n'est pas allée de soi dans l'estuaire, Libreville fut pendant toute la deuxième moitié du XIXè siècle la base de toutes les expéditions d'exploration et de conquête vers le continent.  

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Gabon. Carte forestière (détail)

Auteurs : Monrocq frères

Date : 1931

Libreville a été fondée à l'abri de l'estuaire du Gabon, large golfe déchirant le littoral et dont les Européens rêvèrent qu'il leur donne accès au cœur du continent. En vain : très vite l'estuaire se resserre sur des cours d'eau, dont le principal est la Komo, qui eux mêmes se subdivisent en de multiples petits affluents difficile à toute navigation. La pénétration du continent ne se fera pas par là, mais Libreville demeurera la grande base de toutes les expéditions équatoriales françaises. 

Le fort d'Aumale (ci-contre), construit en 1843, marque physiquement la présence française sur les rives de l'estuaire. Il permet de mettre devant le fait accompli les concurrents de la France sur le Gabon. Car la présence sur l'estuaire fut longtemps contestée ; par les Portugais d'abord, qui le découvrir en 1472 ; les Hollandais ensuite, qui tentèrent une implantation sur l'île de Coniquet, mais qui subirent l'inimitié des autochtones ; les Espagnols, pour lesquels un lieutenant de la Marine de Cadix noua des liens avec les ethnies littorales ; les Anglais qui convoitaient cette région depuis longtemps et même Danois et Américains visitèrent les lieux. Après la défaite de la France en 1878, les Allemands pullulèrent au Gabon.   

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Le roi denis

Les Français prirent finalement l'avantage sur les concurrents grâce au lieutenant de vaisseau Edouard Bouët-Willaumez, commandant du brick-canonnière La Malouine, qui fit signer une convention (9 février 1839) à un important chef de clan mpongwé de la rive gauche, Denis Rapontchombo, que l'on appellera communément "roi Denis" (vers 1780 - 1876). La rive gauche ayant été jugée insalubre par les Français, une autre convention (18 mars 1842) fut signée avec King Glass, puissant chef de la rive droite.

 

Cette diplomatie permit à la France d'implanter le fort d'Aumale. Si officiellement celui-ci devait servir de point d'appui à la Marine traqueuse de négriers (la traite négrière avait été abolie en 1808-1809, malgré que l'esclavage demeurait dans les colonies), il permettait surtout aux négociants français de faire fructifier leurs affaires à l'ombre du fort.   

Le roi Denis et

sa femme

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A droite : une factorerie

Tiré de J.-E. Mbot, Un siècle d’histoire du Gabon raconté par
l’iconographie
(1977), Libreville, ministère de la Culture, p.198

En bas : Tableau récapitulatif de la situation générale des maisons de commerce au Gabon

Tiré de Fidèle Allogho-Nkogue, La Fondation de Libreville. Une nouvelle lecture à partir d’une théorie géopolitique, Editions Connaissances et Savoirs, 2014, p.46 

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   Passée l'interdiction des traites négrières, les maisons commerciales venaient au Gabon faire du négoce : le tableau ci-dessus montre les marchandises chargées par les navires européens, le bois dominant pour les maisons françaises, mais le trafic lucratif du caoutchouc, et plus encore de l'ivoire (à plus de 99%) était contrôlé par les maisons étrangères, allemandes en premier lieu, puis anglaises. En échange, les Européens amenaient dans l'estuaire beaucoup d'alcool (spiritueux surtout), des armes et de la poudre, de la quincaillerie, de la poterie, de la verroterie et des perles, etc... Les échanges se faisaient dans des factoreries, petits comptoirs commerciaux. 

« Sur le parcours de la route qui conduit à Glass sont établis les comptoirs et les factoreries; je citerai la maison Piqueur, qui fait le commerce des objets d'habillement, le comptoir et débit de boissons »

 

Léon Guiral, Le Congo français du Gabon à Brazzaville, Paris, 1889

PORTFOLIO

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Photos de Francis W.Joaque, Gabon, 1887 - Source GALLICA

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FACTORERIE : Autrefois, comptoir ou agence d'un établissement commercial ou industriel à l'étranger, et plus spécialement dans les anciennes colonies africaines.

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