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Les Français au LOANGO

La présence française au Loango est ancienne. Lorsque le père Griveton reçoit à souper Millière et Kieffer, il se réjouie de leur montrer une cloche datée de 1766, relique d'une première implantation de l'Eglise en terre vili. Même si celle-ci fut éphémère dans le temps, elle n'en sema pas moins les germes du christianisme. C'est finalement la Congrégation du Saint-Esprit qui, au moment du passage de Millière, assoira cette présence en fondant un premier vicariat apostolique.  

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Habitant de Loango provenant d'un jeu de cartes (1700 - 1799).

​          Une première tentative de christianisation du Loango eut lieue dès 1663 sous l'impulsion des pères capucins de la Sacrée Congrégation de la Propagande, congrégation fondée expressément pour évangéliser les peuples "sauvages" : deux pères capucins, Bernardin de Hongrie et Léonardo de Nardo, parvinrent en huit jours à convaincre du baptême le roi, la reine, 300 autres personnes de la maison royale et 2000 autres païens. Mais à la mort du père Bernardin l'année suivante suscita une insurrection qui élimina le roi. Tout était à refaire...

 

         1766 : le père Pierre Belgarde et ses deux compagnons, MM. Sibire et Astelet de Ciais, reviennent à Loango avec l'ambition d'y rétablir une préfecture apostolique. Cette épopée est relatée en détail par l'Abbé Proyart dans son ouvrage Histoire du Loango, Kakongo et autre royaumes d'Afrique paru en 1776 :

         « Quelqu'un qui s'était aperçu de leur embarras, voyant passer un seigneur de pays nommé Kazinga, leur conseilla de s'adresser à lui [...]. Ils l'abordèrent, et lui firent part du dessein qu'ils avaient de s'établir dans le pays, mais à une certaine distance de la côte. Ce seigneur les écouta avec bonté, leurs fit plusieurs questions auxquelles ils répondirent d'une manière qui parut le satisfaire. Il finit par leur dire qu'il avait une terre assez éloignée ; qu'il y ferait construire une case, s'ils le jugeaient à propos, et qu'il serait charmé qu'elle leur convint, et qu'ils voulussent s'y fixer. L'offre fut acceptée avec reconnaissance : Kizinga leur donna deux ou trois de ses esclaves pour les conduire et porter leurs paquets »

   

​         Ainsi fut relatée la prise de contact des évangélisateurs avec les Bavili. Du moins comme le relate un auteur... qui n'est jamais allé au Longo ! 

       

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Monseigneur CARRIE

      Faute de renfort et en raison de nombreux décès, il ne restait plus au Loango aucun missionnaire en 1776 !

      C'est à la Congrégation du Saint-Esprit que le pays doit donc sa conversion un siècle plus tard. Et plus particulièrement au père Hyppolite Carrie, né en Beaujolais en 1842 et décédé à Loango en 1904. Ce père fit preuve d'une activité débordante dans cette région depuis la mission de Landana. C'est lui qui obtint du roi du Loango un terrain pour installer une nouvelle mission. Il y signa un contrat le 11 octobre 1882 (voir ci-dessous). 

 

« Le 25 août 1883, le P. Carrie commence, avec le F. Vivien Kehren, les travaux d'installation de la mission de Loango. Le déchargement des matériaux de construction s'était mal passé et la plus grande partie des 600 planches transportées furent perdues ou brisées. Malgré cet incident, on fait construire une maison d'habitation qui comprend cinq chambres, un réfectoire et une belle école au rez-de-chaussée ; en outre, deux grands magasins, avec ce qui restait de l'établissement Saboga et deux cuisines. Il y a de plus une basse-cour de 20 m de long sur 5 de large, pour poules, canards, moutons, cabris et lapins ».

 

Jean Ernoullt, spiritain,

Les Spiritains au Congo de 1865 à nos jours,

Mémoire spiritaine, 1995

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« Destin exceptionnel, sans conteste, qui fait du missionnaire un athlète pas comme les autres. »

 

Dominique Ngoïe-Ngalla, historien congolais,

Au royaume du Loango, les athlètes de Dieu, 1880-1930

Ci-dessous : Mission des pères du Saint-Esprit, 1924

Source : Guy Pannier; « L'église du Loango, 1919-1947 : au Congo-Brazzaville une étape difficile de l'évangélisation au Congo-Brazzaville »

         UN CONTRAT ENTRE LES SPIRITAINS ET LES CHEFS DU LOANGO : 

 

                  « L 'an 1882, le 11 octobre, entre sa majesté Manimacosso, roi de Loango, Mamboma Bitoumbou, capitaine mor, Mamboma Mavinga de Loubou, Pedro Gimbel, chef du village Martinique, d'une part ; et le R.P. Hippolyte Carrie, supérieur de la mission de Landana et vice-préfet apostolique du Congo, d'autre part, a été conclu le contrat suivant :                Sa majesté Manimacosso Chicoussou et les chefs susdits cèdent en toute propriété au dit R.P. Carrie qui accepte, un terrain de la contenance de 100 hectares environ, situé au Loango et limité comme il suit : au nord, par la baie de Loango ; à l'est, par la vallée Loubenda qui, dans son entier fait partie de la propriété cédée à la mission catholique ; à l'ouest, par la petite rivière Matali ; au sud par des limites posées d'un commun accord par les parties contractantes.         

            Cette cession de terrain est faite au R.P. Carrie moyennant la somme de 50 pièces ou cortades et un baril de tafia de 25 gallons, somme qui sera payée une fois pour toutes. En outre, la mission payera annuellement, à titre d'impôt :

            1° ) au roi, deux gallons de tafia par mois ;

            2° ) au Mamboma de Loubou, un gallon par mois.

            A ces conditions, la mission sera libre de toute autre redevance ou coutumes, de toutes visites onéreuses de la part des chefs du pays, et sera protégée et défendue dans ses droits de propriété par les dits chefs, toutes les fois que besoin en sera.

Ont signé :

Pedro Gimbel Pangou, fils du roi.

P. Carrie. + : signature du roi de Loango.

+ : signature du Mamboma Bitoumbou.

+ : signature du Mamboma de Loubou.

 

       Par cette implantation, les religieux devançaient donc l'Etat français, qui n'allait pas tarder à les talonner. 

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Ci-contre : Abbé Gabriel Nghimbi, le Vicaire Apostolique de Loango, 1924

Source : Œuvres pontificales de Saint-Pierre Apôtre

       A la suite des clercs viendront les autorités françaises. Début 1883, le lieutenant de vaisseau Cordier, commandant l'aviso "Le Sagittaire", reçoit l'ordre de Savorgnan de Brazza d'installer une base française au Loango. Le 14 mars, Cordier obtient du roi un terrain à l'extrémité de la Pointe Indienne (où il y avait, du temps de la traite, un camps d'esclaves destinés "aux Indes", au Sud de la baie). Il y débarque le 18 avec un détachement de marins. Mais le chef local de Pointe-Noire, André Loemba, ne l'entend pas de cette oreille et envoie bouler le Français. Cordier alla chercher le secours du père Augouard à la mission de Landana ; ce dernier convainquit Loemba de signer un traité d'amitié le 21 juin, qui accorde à la France une large bande côtière sur la Pointe Indienne et plaçant les chefs de cette région sous la souveraineté française. Par cet acte, les Bavili acceptaient la présence militaire française, qui ne cessera de se renforcer.  

 

 

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PORTFOLIO

La MISSION catholique de LOANGO en 1910

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