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La Mission de l'Ouest africain

Promu lieutenant de vaisseau, c'est avec le titre de Commissaire général de la République dans l'Ouest africain que Savorgnan de Brazza retourne en Afrique équatoriale, chef d'une expédition bien lotie relevant du Ministère de l'Instruction publique, la Mission de l'Ouest africain : un état-major de huit personnes (à la solde de 300 francs mensuel), cinq sous-officiers et vingt marins prêtés par le Ministère de la Guerre et de la Marine, 139 laptots sénégalais, 25 tirailleurs algériens, plus une équipe de scientifiques relevant du Museum. De Brazza s'adjugeait en sus d'un secrétaire particulier, un jeune Lyonnais du nom de de Chavannes, destiné à jouer un rôle important à Brazzaville. Le départ eut lieu le 21 mars 1883 de Bordeaux ; mais le 1er janvier, un bateau dirigé par le jeune Rigail de Lastours avait devancé le gros des troupes, et c'est à cette avant-garde que nos héros font partie. 

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Congo français ou France équatoriale : pour suivre l'exposé fait à la Société de géographie par P. Savorgnan de Brazza... Commissaire de la République dans l'Ouest-Africain 

Auteur : Hansen, Jules-André-Arthur (1849-1931). Cartographe

Date : 1886

         Cette carte a été exposée à l'appui de la conférence donnée par Savorgnan de Brazza à la Société de Géographie de Paris en 1886. On y suit les pérégrinations du "patron" de 1883 à 1885, dans toutes les zones stratégiques ciblées par la Mission : 

         -au Nord : affermir la présence française sur l'Ogooué, ce fleuve que le jeune Brazza avait d'abord cru lui ouvrir les portes de l'Afrique centrale, exploré une première fois entre 1875 et 1878, et sur le haut cours duquel il avait fondé la station de Franceville en 1880, camp de base pour se projeter vers le Congo à travers les plateaux Batéké ;

         -au Nord-Est : explorer le cours du Congo en amont du Pool, y compris ses affluents, dont l'Alima, rivière qu'une attaque des Apfourous lui avaient interdit l'accès en 1878, la Mossake, la Sangua avec la création du poste de Bonga, et jusqu'à la Nkoundja (en réalité l'Oubangui) explorée par Dolosie qui y fonda un poste du même nom ;

         -à l'Est : retourner à Mbé, capitale du royaume des Batéké, présenter au Makoko le traité ratifié par l'Assemblée Nationale, et assurer l'implantation française sur les rives du Pool depuis la station de Ntamo, rebaptisée Brazzaville ;

         -au Sud : ouvrir et sécuriser une route terrestre en suivant le réseau fluvial Quilliou-Niari, que Brazza estimait être la route la plus courte entre l’Atlantique et le Pool, et s'accorder d'une frontière avec les Portugais du côté du petit fleuve Tchiloango et de Landana, mission dévolu à notre duo d'Eldocongo !

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François rigail de lastours

Ce jeune homme est assez emblématique du monde des explorateurs de cette fin du XIXè siècle (sur la photo debout au milieu, avec devant lui, assis, jambes croisées, Savorgnan de Brazza). Diplômé de l'école des Mines de Paris, il n'a que 28 ans quand il prend le commandement de l'avant garde de la Mission de l'Ouest africain (à laquelle participe Millière). Il avait d'abord fait ses classes du côté du Mozambique à la recherche de minerais pour la Compagnie générale du Zambèze.

 

Pour la Mission, il est chef de poste de Madiville sur l'Ogooué. De là, il mène des expéditions sur la Lékoni, l'Alima, et jusqu'à Brazzaville. Mais il succombe aux fièvres à tout juste 30 ans en 1885. Son cas n'est pas isolé : dans cette étuve équatoriale où pullulent les miasmes, la jeunesse n'était pas immunisée contre le paludisme ou la fièvre bilieuse, véritables agents d'une mortalité élevée. Quand il le sut très malade, de Brazza vint au plus tôt à son chevet ; il témoigne : "Un de mes plus zélés collaborateurs se mourait et me suppliait de l'assister à ses derniers moments. Je sautai dans une pirogue et j'arrivai à temps pour serrer encore une main qui semblait vouloir se souder à la mienne dans une dernière étreinte pour fermer des yeux qui s'éteignirent dans les miens. De Lastours était un Français dans toute l'acceptation du mot, un de ces dévoués aux grandes idées, un de ces hommes au chaleureux courage qui aiment leur Patrie par dessus tout". (Brazza, Conférence au cirque d'hiver en 1886) 

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Parmi les attributions de la Mission, les aspects scientifiques n'étaient pas négligés. Rigail de Lastours par exemple étudia les peuples rencontrés, Fangs, Adouma, Batéké... Le croquis ci-contre est de Savorgnan de Brazza, qui n'avait pas de formation en géologie, étant officier de marine, mais s'intéressait à tout. La direction de la mission scientifique de l'Ouest africain avait été confiée à Jacques de Brazza, frère du Commissaire, docteur ès sciences en géologie, secondé par son compatriote italien Attilio Pecile. Il y avait encore parmi les agents auxiliaires Thollon, naturaliste, chargé de collecter des échantillons de plantes pour le compte du Museum.  

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« Vous voulez, j'en suis sûr, partir avec moi et vous êtes au moins le centième solliciteur à m'assaillir depuis huit jours. Savez-vous ce que c'est que l'exploration ? »

 

Savorgnan de Brazza à Charles de Chavannes à l'occasion de l'entretien d'embauche pour le poste de secrétaire particulier

Charles de Chavannes, Avec Brazza, souvenirs de la Mission de l'ouest africain, 1936

PORTFOLIO

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Charles de CHAVANNES

Secrétaire particulier de de Brazza

Quelques membres de la Mission de l'Ouest africain

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Pierre-François MICHAUD

Ingénieur des Arts et Métiers

Jules-Léon DUTREUIL de RHINS

Publiciste géographe

Albert DOLOSIE

Polytechnicien

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Jacques de BRAZZA

Géologue, frère de Savorgna

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Attilio PECILE

​Italien, ami de Jacques

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