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Le Congo de Stanley

L'un des sujets de conversation majeur des passagers du Zèbre est le Congo. C'est en effet l'enjeu majeur du moment. Son cours venait d'être révélé par l'explorateur Stanley en 1877 et le Français Savorgnan de Brazza l'avait atteint en 1880. Or, le cours du géant africain était encore largement inconnu en amont du Pool Malebo, ex Stanley Pool. Il y avait donc urgence pour les Français et les Belges de l'Association Internationale Africaine de revendiquer leur primauté d'exploration afin d'asseoir la souveraineté de leur pays respectif.

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Carte de Henry Morton STANLEY


Tirée de son ouvrage A travers le continent mystérieux. Découvertes des sources méridionales du Nil, circumnavigation du lac Victoria et du lac Tanganika, descente du fleuve Livingstone ou Congo jusqu'à l'Atlantique, récit de son expédition en Afrique centrale (1874-1877)

publié par Hachette & Cie, Paris 1879

Cette carte est la première à consigner la courbe majestueuse du Congo au cœur d'une Afrique encore mystérieuse. Elle est signée du journaliste britannique reconverti en explorateur, Henry Morton Stanley (1841-1904), le premier Européen à avoir parcouru le cours du grand fleuve : on peut suivre le cours du Congo tel que l’a descendu l’expédition de Stanley. Le cartographe consigne le nom des localités importantes, celui des ethnies rencontrées, ainsi que les confluents des contributeurs du Congo, dont les cours se perdent vite en pointillés, étant inexplorés.

L'essentiel de la carte reste ainsi dans le blanc de l'inconnu. On notera que Stanley nomme alors le Congo tel qu’il avait voulu le baptiser, Livingston, du nom du missionnaire écossais dont il avait retrouvé la trace en 1871 sur le lac Tanganyika.

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Henry Morton Stanley

Prototype même de l'explorateur "aux dents longues", sûr de sa supériorité d'armes et de race, ce reporter à la Tintin, célèbre pour avoir retrouvé le docteur Livingstone, est le premier Européen à descendre le cours du Congo lors d'un périple épique : 999 jours (novembre 1874, départ de Zanzibar - 9 août 1877, arrivée sur l'Atlantique) d'une expédition restée haute en couleur pour les difficultés rencontrées et sa mortalité élevée, au cours de laquelle Stanley se vante d'avoir livré 32 "batailles" et brûlé des villages entiers pour se frayer le passage, inaugurant la violence coloniale sur les deux rives du fleuve. Fort de son exploration, il voulut mettre ses talents au service du Royaume-Uni, mais c'est finalement pour le roi des Belges Léopold qu'il retournera au Congo. 

 

Stanley est photographié ici avec son fils adoptif, Kalulu. Cet esclave africain, adopté par l'explorateur, s'appelait Ndugu M'Hali, fut rebaptisé Kalulu par Stanley ("lapin" en swahili). L'enfant suivit Stanley dans tous ses périples africains, mais aussi en Angleterre et aux Seychelles. Il périt noyé lors du franchissement d'un rapide du Congo en 1877.   

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   « Monsieur, me dit-il à son retour, je vous déclare que ce bassin est juste comme un étang ; aussi large que long. Il est entouré de montagne et me parait presque circulaire.

   -Eh bien, si c'est un étang, il faut lui donner un nom spécial. Indiquez-m 'en un qui lui convienne, Frank.

   -Pourquoi ne pas le nommer Etang de Stanley et ne pas nommer ces hauteurs dover-Cliffs...". 

 

Dialogue entre Stanley et Frank lors de la découverte du Pool Malebo, le 12 mars 1877

Stanley, A travers le continent mystérieux, 1879

Ce court dialogue met en évidence la façon dont les Européens rebaptisaient les lieux découverts selon leurs critères occidentaux, ainsi des 'Dover-Cliffs", qui rappelèrent à Frank les falaises de Douvres, et du Stanley Pool (aujourd'hui Pool Malebo). Cette appropriation toponymique, consignée officiellement par la cartographie, était le premier pas vers l'appropriation coloniale. La carte ci-dessous en est une bonne illustration...

 

 

Carte de Henry Morton STANLEY 
 

Relevé des trente-deux chutes de Livingstone du Livingstone inférieur depuis l'étang de Stanley jusqu'à Boma 

Paris, 1877

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Les premiers navigateurs à s'aventurer sur le fleuve depuis son embouchure buttèrent sur des rapides infranchissables à seulement 150 km des côtes. Derrière ces rapides, d'autres encore, et ce sur 350 km. Pendant près de 400 ans, soit de la découverte de l'embouchure du Congo par le Portugais Diego Cam en 1483 et le première descente du fleuve par Stanley en 1877, la trentaine rapides et chutes du moyen-Congo ont constitué un verrou à la pénétration européenne en Afrique centrale et donc à l'exploration du cœur du continent. En levant l'énigme du Congo, Stanley révélait un grand lac juste en amont du verrou, Stanley Pool, aujourd'hui Pool Malebo, et au-dessus 3 600 km de biefs navigables en amont des cataractes faisant du Congo la pus grande voie de pénétration fluviale d'Afrique centrale. Restait le problème du verrou des cataractes...   

Chutes d'Yellala ou Yelala

Illustration tirée de Panorama du Congo,

édité par le Touring Club de Belgique

Début XXè siècle

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Chutes de Kalulu

du nom du jeune esclave donné à Stanley à l'âge de 8 ans par une trafiquant d'esclave et qui se noya dans ces chutes comme le montre cette gravure non datée

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